Sonner la cloche

Voilà, je vous écris ce court message pour signaler que je vais être fort pris par le temps. Je viens de rentrer aux Beaux-Arts et j’ai repris mes cours de théâtre, donc, additionner à mes cours de musique, cela me donne beaucoup moins de temps à consacrer à mon blog. Les mauvaises langues diront que je n’y consacrais pas beaucoup, ils n’auront pas tort, quoique un billet tous les deux jours, je trouvais ça énorme pour ma part. Donc le blog va s’arrêter là, mais ne partez pas si vite. J’ai décidé de transférer mon nom de domaine à un compte Tumblr nouvellement créé. Je ne sais pas encore ce que cela va donner, j’ai mes idées, mais je les garde pour moi.

Alors, tapuscript ou pas ? Les blogs se n’est décidément plus à la mode. Certes je ne tenais pas un blog pour être tendance, et encore moins pour me faire connaître sinon j’aurais plutôt créé une page Facebook ;-), mais je dois l’avouer qu’hormis les blogs de journalistes et quelques blogs d’artistes, et encore, il n’y a plus personne qui tient un blog. La plupart de ces messieurs — et mesdames — sont sur les réseaux sociaux.

Je dis au revoir à la communauté WordPress, vous me manquerez :-)

Publicités

Qui peut le moins peut-il le plus ?

Aujourd’hui matin j’ai fait l’acquisition de Byword dans sa version Mac. Jusqu’à présent j’utilisais iA Writer, dont je vous ai déjà causé, mais ce matin j’avais décidé que j’étais prêt à dépenser trois maudits euros pour Byword. Je vous disais jusqu’à présent, mais je mens : j’avais déjà utilisé quelques mois auparavant Byword, sauf que je ne l’avais pas acheté, comprenez, je l’utilisais en toute illégalité. Peut-être voulais-je me faire pardonner en m’acquittant de la somme de trois euros… Bref, j’apprends à ré-utiliser Byword. Apprendre est un bien grand mot, tant la chose est facile à comprendre. Byword, tout comme iA Writer, c’est à peu près ça : une simplicité limpide. Ce n’est pas simpliste, non, c’est accessible, c’est sans contrainte, c’est exempt de frustration inutile, avec Byword vous êtes liberté des distractions pour vous concentrer uniquement sur l’acte d’écrire, car n’est-ce pas là le plus important ? N’est-ce guère ce qu’on peut demander à un éditeur de texte que de supprimer ce qui interfère dans l’élaboration de notre écriture ? Voilà je crois ce qui distingue des applications telles que iA Writer et Byword des autres.

Mais que puis-je distinguer entre iA Writer et Byword ? Eh bien, pour commencer allons à l’essentiel. Moins, c’est plus. Cependant où faut-il arrêter cet idéal du moins ? Certains trouvent que iA Writer va trop loin — justement — dans cette guerre poussive au minimalisme. Ils argumentent en ce sens que iA Writer, par son minimaliste « extrême », apportent autant de contraintes que de liberté — ce qui peut en étonner. Par exemple, le choix de la police revient souvent. En effet, sur iA Writer la police de caractère nous est imposé, ou plutôt, aucune autre police nous est fournie. Cela n’avait point su me déranger, car ce qui m’a charmé dans iA Writer c’est exactement ce qui énervent : le sentiment d’être sur une machine à écrire.

Enfant j’avais une machine à écrire, en vérité je l’ai toujours, mais aujourd’hui c’est ma filleule qui s’amuse de temps en temps avec, d’ailleurs j’aime à croire que cela l’a aidé dans l’apprentissage du français et de notre alphabet. Elle devait avoir six ou sept ans quand elle a mis la main dessus. J’étais en train de travailler mon piano quand elle est montée dans ma chambre, et quand elle a remarqué, pour la première fois, une boite qui lui semblait étrange, inconnue, sur le meuble où sont installées mes encyclopédies. Pourtant elle était posée là depuis des années, peut-être l’attendait-elle ?

C’était là que reposait ma vieille amie, au-dessus d’une pile d’Universalis que j’avais marchandé dans une foire aux livres. Ce jour-là j’avais acheté tellement de livres qu’on oublia de me faire payer plus de la moitié !Je me souviens encore, j’avais dix-huit ans, j’étais parti avec le diable de maman, dans une église à Liège — ou bien était-ce une cathédrale ? Aujourd’hui, même si je sais à présent que ce ne sont pas des encyclopédies d’une très grande qualité rédactionnelle, parmi les livres que j’ai gardé il y a toute la collection de la première édition des Universalis. Je me prends occasionnellement en flagrante lecture, le nez coincé entre les pages d’un de ces tomes.

C’est en 2006, je venais d’avoir 15 ans, quand j’eus mon « premier » ordinateur pommé. C’était le tout premier modèle d’une plus ou moins longue série, un MacBook. Ce qui me plut immédiatement dans cet ordinateur portable c’était avant tout son clavier ; l’espacement entre chaque touche et la faible course des touches. Je ne sais pas si je m’exprime avec exactitude, donc je vais tâcher d’expliquer. Les touches du MacBook — et à ce jour de tous les ordinateurs Apple — sont basses et à plat, comme le clavier d’un minitel, elles s’enfoncent rapidement et sans bavure. Je ne tombe jamais à côté depuis que je rédige sur ce genre de claviers, et je tape à vitesse grand V. Ce clavier me permet fluidité, dans une sorte de valse décadente — une écriture fleuve —, et de ne pas avoir besoin d’écraser les touches avec acharnement. J’avais mis premier entre parenthèses, car avant ce MacBook ma mère avait un vieil iMac, du genre de ceux qu’on ne prendrait pas pour un PC mais pour un téléviseur à cause de sa grosse et unique fesse toute bombée, de ces ordinateurs colorés qui nous donnent l’impression d’avoir avalé une ampoule cathodique. Je ne pus jamais m’en servir avant l’âge requis pour enfin espérer changer d’école et entrer au secondaire, l’iMac servant à des fins professionnelles elle ne voulut pas que je mette mes doigts dessus avant qu’elle n’arrête de considérer son fils comme un bébé.

Ceci n’était un article sur Byword, vous l’aurez compris. Je veillerai à en rédiger un, je voulais simplement vous faire part d’un brouillon d’histoire, d’un reste de vécu, l’image d’un machine à écrire, une machine à véhiculer des expériences, des sensations, des horribles choses aussi, des coups de gueule, des injures, mais toujours avec passion, sous un bain d’acide. Alors oui, à l’heure où j’écris ceci je me rends compte des qualités d’un logiciel comme Byword, toutes ces qualités qui doivent le rendre certainement comme vous le dites bien meilleur que iA Writer ; il n’empêche que ce que me procure iA Writer se nomment odeurs et souvenirs. Je ne suis pas un défenseur, ni de l’un ni de l’autre, je les apprécie tous les deux, et je supporte les développeurs ainsi que les aficionados des deux camps. Ce que j’essaie de faire c’est comprendre ce que l’équipe derrière iA Writer a voulu nous dire…

Byword 2.4, iPhone

L’incontournable éditeur de texte minimaliste vient de sortir dans sa version 1.1 2.4, qu’en est-il ?

Eh bien, comme souvent avec un bon cru, il s’en trouve bonifier. Pour ceux qui connaissent la version Mac, ils ne seront pas dépaysés. En effet, l’une des principales nouveautés de son pendant mobile est — et je crois dire principale à bon escient, étant donné qu’elle était réclamée — le thème dark. Pour ceux qui ne seraient pas des utilisateurs de la première heure, et qui ne savent pas en quoi cela consiste, c’est la possibilité de changer le fond, de remplacer le blanc par du noir.

Cliquer sur les images pour agrandir

Ensuite, les dossiers sont enfin de la partie. On peut créer des sous-dossiers au sein du dossier Byword — si vous utilisez Dropbox —, ou créer des dossiers sur son iPhone, ou sur iCloud. Car oui, on peut dorénavant utiliser les deux services à la fois, iCloud et Dropbox, ce n’était pas le cas avant.

Dernière nouveauté, qui n’est pas la moindre — surtout pour moi —, la possibilité d’exporter en PDF. La fonction me semble-t-il n’est pas encore au point, mais elle a le mérite d’être là. D’une, nous n’avons pas la possibilité de choisir sur Dropbox le chemin du document PDF. C’est-à-dire ? Si vous exportez un document en PDF sur Dropbox, il sera enregistré dans le dossier où sont sauvegardés les autres documents spécifiques à Byword. Je trouve cela contraignant, mais je dois chipoter. Deux, je ne sais pas si cela est un bug que j’ai détecté, ou si cela a été dicté par la volonté de ses développeurs : quand le thème « dark » est activé, le document s’exporte dans un gros bloc noir… Si cela est un bug, et je pense que cela est, je fais confiance à la team de Byword pour le résoudre prochainement.

J’ai l’impression que certaines modifications d’interfaces ont été effectuées, mais je ne peux pas le confirmer ; il faudrait pour cela que je regarde des captures d’avant sa mise à jour. Ah oui ! j’allais oublier une fonction qui me tient à cœur, où avais-je la tête ! le moteur de recherche a enfin été implémenté !!! J’ai failli oublier car il me semblait que c’était le genre de fonctions qui se doit d’être présente dès la première version, à mon sens. Je suis mauvaise langue. Comprenez, j’ai une soixantaine de documents à gérer, et le chiffre ne cesse d’augmenter, or je suis très mauvais pour donner des titres, donc pour m’y retrouver ce n’est pas toujours évident. Cependant j’ai toujours eu une très bonne mémoire, et je peux me souvenir de phrases entières — que je les ai écrites ou non —, c’est ainsi que je remets à chaque fois la main dessus, c’est pourquoi jusqu’à présent j’utilisais l’application Dropbox sur mon iPhone pour retrouver un document. Mais voilà qui est résolu, chapeau l’équipe, vous pouvez être fiers de vous, vous déméritez pas votre réputation.

Sans sérif s’vous plaît

Nous sommes aux alentours de minuit. Je viens de consulter mes e-mails. Six de non-lus. Tous venus tout droit du même envoyeur. J’avais dû écrire un commentaire sur un blog, et voilà que l’on me gratifie – notifie, ça se dit en français ? Je crois que le verbe notifier existe… — de six réponses. Veinard ! Suite à la lecture du billet, j’avais soutenu l’idée que nous devrions arrêter l’enseignement de l’écriture pour se concentrer sur la lecture. Ouais je sais, c’est de la provoque, mais j’étais sincère en le disant. Je suis honnête, écrire à la main, écrire manuellement, à quoi ça rime de nos jours ? L’écriture manuelle est beaucoup trop lente pour résister encore bien longtemps à la cadence de notre société, à notre temps, voire, à notre esprit. Nous ne sommes pas passés à l’audiovisuel, nous avons fait un bond direction l’instantanéité. C’est une technologie désuet, dépassée. Je ne comprends pas d’où vient ce panache que l’on confère à l’écriture manuelle, cette apothéose, à l’heure où les scribouillards dans mon genre sont platement ignorés et la plupart des écrivaillons comestibles — entendez par-là, lisibles — sont à peine effleurés du pouce…, que dis-je, du gros orteil ! Les gens se sentiraient-ils leur pousser des ailes ? Se sentiraient-ils investis d’une mission ? Ces gens-là, ceux-là même qui élèves des cacochymes boutonneux, comprenez des adolescents incapables d’écrire plus de trois mots sans fautes d’orthographe dans leurs SMS calamiteux et leurs cris orgasmiques.

Et si nous commencions par le commencement — phrase pour le moins con_sensuelle, bon sang ! La définition de l’écriture. Qu’est-ce que l’écriture ? Sans rentrer dans des boniments et autres diatribes magistrales, qui ne sont, ma foi, que sornettes et balivernes, complaisances et imbécilités d’ados qui n’ont jamais quitté l’école et ne sont jamais sortis de la puberté, permettez-moi, je vous en prie, un instant, d’être rhéteur pour un moment. L’écriture, soyons franc sur ce coup, n’est jamais, ni plus ni moins, qu’un ensemble de signes, un système. Alors certains pourraient s’empresser de vociférer que je suis moi-même un charlatan, doublé d’un réactionnaire, à parler ainsi des jeunes de mon temps. Vous n’auriez pas tort, vous n’auriez pas raison pour la cause cependant.

Laissez-moi continuer ma leçon…

On parle beaucoup d’informations, vous ne trouvez, vous, aujourd’hui ? On parle de plus en plus de « data mining », de « data journalist », de « data visualization », et j’en passe. Mais n’est-ce pas le cas à l’aune des débuts de notre humanité ? Au fond, l’écriture nous servit à conserver des informations. Nonobstant, l’écriture, existante depuis si longtemps — je crois que les tablettes trouvées en Mésopotamie ont été datées à quelques cinq mille ans avant J.C. —, fatalement, cela a pu modifier nos perceptions, mais aussi avoir des conséquences neurologiques. Modification du cerveau implique changements des rapports sociaux, changements de la manière de concevoir, d’appréhender, de communiquer avec ou sans l’autre, etc., l’écriture nous a assez montré ses implications dans les batailles politiques et religieuses, l’écriture pouvant aussi être un faire-valoir patriotique, ou plus clairement idéologique. L’écriture nous inspire, mais l’écriture aspire également, et ses aspirations sont souvent d’ordre autre que de nature littéraire. Mais voilà, même si la seule chose que je partage avec le vénérable Steve Jobs est mon apprentissage de la calligraphie, je dois bien admettre que nous parlons là, par exemple, d’une application archaïque de l’écriture. Toute ma vie je continuerai à approuver — et prouver — les bien-faits de la calligraphie, de cette langueur et cet esthétisme d’écrire, mais, comme pour la calligraphie, je ne vois plus de raison d’apprendre à écrire — à l’école. Permettez-moi de marquer un temps d’arrêt et de me répéter. À l’école.

Je n’ai pas appris la calligraphie en classe, avec mes con_disciples et mes pro_fesseurs ; la calligraphie était une activité extra-scolaire. Et pourquoi n’en serait-il pas de même de l’écriture ? Soyons pratiques, à quoi cela sert d’écrire ? Je pourrais y voir mille raisons ! mais seraient-elles objectives ? Objectivement, et ô combien je hais ce terme, l’écrit est-il aujourd’hui utilitaire ? Lire, oui, il faut l’accorder, lire est important pour s’informer, pour s’intégrer dans notre belle société démocratique — et notez, sans l’appliquer, la mesure de cette phrase pour le moins emphatique, si ce n’est, sarcastique. Écrire, technologie qui permet de fabriquer des lettres. Une lettre, d’après Wikipédia, « chacun des signes graphiques formant un alphabet et servant à transcrire une langue. » O.K., mais expliquer toutes ces connotations à propos de l’écriture ? Pourquoi l’écriture devrait révéler la personnalité de quelqu’un ? Quoi penser des adultes qui écrivent avec les pieds ? Qu’ils sont de prodigieux contorsionnistes ? Pourquoi associer l’écriture à l’idée que l’on se fait d’une civilisation ? Est-ce là une façon de nous enorgueillir ? Dans l’État actuel de l’écriture de soi, je ne m’en étonnerais pas. Il n’empêche que, messieurs, ou mesdames (peu m’importe), l’écriture n’est pas naturelle ! Nous ne sommes pas nés doués pour écrire, par contre, nous sommes nés avec la capacité de nous exprimer avec notre bouche — elles en ont à dire des choses, hein, nos bouches. Ne rougissez pas très chère, je vous vois là d’où vous êtes, vous en seriez surprise ! Il n’existe pas, à ma connaissance, de gène de l’écriture, ce qui existe très certainement, c’est une gêne de l’écriture, un malaise, celui de l’hantise de l’analphabétisation ! Je pourrais continuer longtemps, mais cela fera sujet à venir pour d’autres billets. L’écriture doit être enseigné… L’écriture, quelque part, est une corvée… Je ne suis pas en train de comparer l’écriture à une basse besogne, car j’aime écrire, mais je peux m’interroger sur les bien-faits fondés que nous accordons à ce médium monolithique. Lire, je crois inconsciemment, à l’image de ma naïveté, que cela s’apprend avec moindre douleur. Nous avons des yeux pour voir. Voir est tout naturel, interpréter des signes est notre quotidien, notre lot, et pour certains leur gagne-pain, si ce n’est pour tout le monde. Si on passait plus de temps à bosser sur l’apprentissage de l’alphabet, sur les comparaisons de symboles, de chiffres, de lettres, peut-être — et je dis bien peut-être, je n’affirme rien —, que sans le savoir nous aurions combattu l’analphabétisation. Bref, je voulais à la base parler de typo, mais je crois que je me suis un brin excité. Ne vous inquiétez pas, le jour n’est pas encore venu celui où l’écriture ne s’enseignera plus et où nos maisons de retraite accueilleront les derniers bien-heureux des cursives et des cahiers lignés.

Écriture : mémoires d’un métier ¬ Stephen King

À quoi devais-je m’attendre ? Un livre de recettes ? Un plan détaillé, véritable « blueprint » du champ littéraire ? Un livre qui recèlerait des ficelles magiques du métier pour se faire éditer ? À quoi m’attendais-je ? La boîte de pandore révélée, pourquoi pas ? Peut-être serait-il mieux convenu de revenir en arrière. Quelles ont été les raisons, sinon les causes, qui m’ont poussé à l’achat de ce livre ? La réponse tient en un mot, de nature, si on veut, au combien symbolique : Amazon. Non pas que les femmes guerrières m’attirent de manière outrancière, du moins je n’ai jamais noté chez elles ce pouvoir-là, et le fleuve ne me fait pas plus d’effet, désolé. Moi-même je me suis souvent interrogé sur le pourquoi du choix porté du nom de la boutique en ligne qui fait au vingt-et-unième siècle presque l’unanimité, mais je suppose que Jeff Bezos savait ce qu’il faisait. À l’origine le site Amazon ne vendait que des livres, ça a toujours été leur cœur de métier ; mais je m’égare, puis après tout mon ordinateur est bien le produit d’une marque qui s’appelle « Pomme ». Ce n’est un secret pour personne — quoique je n’ai pas tant abordé la question — que mon intérêt littéraire s’est toujours porté sur une tranche infime de sa diversité : le gothique, avec ses tentatives dérivées, les auteurs frénétiques et décadents. Autre fait qui n’est nullement un secret, mon amour déclaré pour Edgar Allan Poe et Guy de Maupassant. C’est ainsi, à force de pérégrinations numériques forcenées, je dois l’avouer, que je suis tombé sur Stephen King. Certes, comme tout le monde j’en avais entendu parler, encore plus quand l’un de mes films préférés se trouve être l’adaptation d’un de ses romans, The Shining. Je menais des « recherches » sur Lovecraft, plus précisément sur un essaie que Lovecraft aurait écrit où il parle d’auteurs gothiques, de l’influence qu’ils ont eu sur lui et son œuvre. Bref, me voilà, je lis un article, un autre article, et je finis par tomber sur le livre en question. Je me documente comme à mon habitude, et comme à mon habitude je prends le temps de lire les commentaires, tous les commentaires, qui suivent les articles — s’il y en a, bien sûr. J’adore jouer le rôle du voyeur, c’est vrai, lire ce que les autres en pensent et ne pas interagir. Il est très rare que je prenne part à une discussion sur le web, je préfère me contenter de surveiller de ma paire d’yeux malicieux. Or l’un des commentateurs parle de deux bouquins que Stephen King aurait écrit — Anatomie de l’Horreur, j’y reviendrai. Je me renseigne, et décide ensuite de commander les deux tomes sur Amazon, tandis qu’Amazon me propose d’acheter un troisième, je regarde ce qu’il en est et tombe sur « Ecriture : mémoires d’un métier ». Finalement, moins d’une semaine plus tard, je discute sur le pas de la porte avec la charmante demoiselle de la Poste qui m’apporte mes trois bouquins en bonne et due forme. Donc, vraiment, je ne m’attendais à rien, précisément, quand j’ai commandé ce livre. Avant de parler du livre, je dois vous parler de mon rapport à Stephen King. Je n’ai jamais lu l’auteur en anglais dans le texte, ce qui est important, et je n’ai lu qu’un seul livre de lui auparavant, un recueil de nouvelles (Danse Macabre). Et je dois vous dire que je n’ai pas eu un rapport heureux à la découverte de Stephen King ; que l’auteur, en tout cas son traducteur, ne m’avait conquis. Certes, j’ai apprécié la plupart des histoires, que je trouvais par moment super, pour ne pas dire géniales — je me souviens encore impeccablement d’un nouvelle sur le tabagisme, l’industrie du tabac, et un gars qui voulait arrêter de fumer, qui m’avait ébloui par son originalité —, mais je n’accrochais pas à l’écriture, au style. Après la lecture de « Ecriture » (ça va, vous suivez ?), je me suis promis de jeter un regard nouveau sur l’œuvre de Stephen King et de re-tenter une expédition. Je pense qu’après ça vous devez connaître plus ou moins mon avis sur la question du résultat du livre… « Ecriture : mémoires d’un métier » est un livre honnête, je pense que Stephen King serait d’accord avec moi, car le titre dit de façon explicite à quoi nous avons affaire. Dans la première partie de l’essai, nous nous occupons du début de la deuxième proposition, à savoir le mot mémoire. La première partie est autobiographique, nous assistons à la construction, à la genèse, de Stephen King. Bien que cette partie accuse quelques lourdeurs et manque, à mon sens, de rythme, elle n’est pas inintéressante. Je la trouve pour ma part barbante, car je dois vous le confier, je n’en ai pas grand chose à cirer de la jeunesse de Stephen King, de ses préoccupations à l’adolescence, des petits boulots qu’il a pu faire, etc., pour ceux qui aiment lire des biographies ils y trouveront leur compte, chacun ses petites névroses, moi j’adore bien lire les correspondances d’écrivains et de philosophes, personne n’est parfait. La deuxième partie s’occupe quant à elle de la première proposition du titre, écriture, et c’est ici qu’on voit, ou non, de quoi l’auteur se chauffe. Je me dois de le reconnaitre, la plupart des recommandations données par Stephen King sont vraies, dans mon cas. Après cela ne pourra certainement pas convenir à la totalité des écrivaillons, quoique…, j’aurais tendance à suivre ses conseils, car il n’est pas le premier à me les dicter. Cela peut étonner, mais j’admire Molière, je trouve que c’est le plus grand dialoguiste de l’histoire, et qui lit Molière constatera comme moi qu’il est très avare en adverbe, et je ne peux pas lui donner tort ! Et l’une des premières recommandations de Stephen King, quelle est-elle ? Maudissez l’adverbe ! Que puis-je dire face à cela, moi qui considère que les adverbes affadissent le style ? Rien ! Ensuite Stephen King rumine l’idée que l’histoire est ce qu’il y a de plus importante, et là je ne peux pas être d’accord avec, mais Stephen King prend le soin d’étayer la chose d’arguments, et nous arrivons tous les deux à nous mettre en accord. Stephen King dit travailler sans construire d’intrigue, cela tombe bien, j’ai toujours trouvé que l’intrigue faisait un piètre conducteur, un chauffard. Stephen King parle en ses termes de situation, qu’il faut se fier à la situation et que l’histoire avancera d’elle-même. C’est certes plus complexe que ça, hélas, mais je suis plus ou moins d’accord là-dessus. Il faut laisser de la marge à l’histoire comme je dis souvent, jusqu’à ce qu’elle finisse par prendre le dessus. Quand Stephen King parle des descriptions, sa réponse à lui est de dire qu’on n’est pas dans un manuel pratique ni en train de travailler sur la notice de la prochaine table de chez IKEA, qu’il faut faire dans la sobriété, décrire le plus important, le tape à l’œil — c’est en ces mots que je l’interprète. O.K., mais quid des lecteurs ? Moi, pas de bol, je suis daltonien. Mais admettons qu’un auteur nous décrive une table rouge, l’écrivain postule quelque part que tout le monde a déjà vu une table rouge et sait se représenter une table rouge. Je vais être chiant, mais mon grand-père était ébéniste et ma grand-mère sculpteur, ils travaillaient ensemble à la confection de meubles, et des tables j’en ai vu défiler, elles n’étaient jamais les mêmes, jamais le même bois, jamais la même teinte, jamais les mêmes gravures, des formes différentes, des pieds différents, des coins différents, jusqu’à la surface qui était différente d’une table à l’autre. Après, oui, nous ne sommes pas dans un catalogue Ikea, je ne vais pas m’amuser à décrire les dimensions de la table d’ailleurs, du moins jamais je ne le ferais au centimètre près. Je pourrais décrire la dimension de cette table par une image, ou filer la métaphore, par exemple. Autre exemple personnel : plus tard, quand je disposerai d’un chez moi, j’aimerais posséder un canapé de type Chesterfield. Admettons que je veuille décrire une pièce, une salle de séjour, dans laquelle il y aurait un canapé Chesterfield, que dois-je faire, me contenter d’un « au milieu trônait un canapé Chesterfield d’un rouge nacré qui siégeait là, dans toute sa splendeur, surplombant la pièce centrale de la maison avec grâce et majesté » ou dois-je décrire avec minutie le canapé ? Qui voit ce qu’est un canapé Chesterfield ? Aujourd’hui par exemple, qui sait à quoi cela ressemble, de nom ? Là où nous sommes en parfaite harmonie, c’est sur l’importance cruciale des personnages, dans mon cas pas nécessaire sur leur psychologie, mais sur leur personnalité. La psychologie des personnages ça n’a jamais été ma priorité, je préfère de loin les traits de caractère, les ambivalences, les sentiments qui peuvent en émaner et qu’ils nous procurent — la pitié, principalement, c’est mon dada, avoir pitié des mauvais, se reconnaître dans la figure du méchant. La dernière partie, en post-scriptum, se veut une fois de plus autobiographique, mais alors que je ne suis pas client d’ordinaire, cette dernière partie est celle qui m’a le plus enchanté, au point, je l’avoue, d’avoir versé une larme. Je n’en dirai cependant pas un mot. Je vous laisse sur le paragraphe qui clôt le bouquin.

Ecrire n’a rien à voir avec gagner de l’argent, devenir célèbre, draguer les filles ou se faire des amis. En fin de compte, écrire revient à enrichir la vie de ceux qui liront vos ouvrages, mais aussi à enrichir votre propre vie. C’est se tenir debout, aller mieux, surmonter les difficultés. Et faire qu’on soit heureux, d’accord ? Oui, faire qu’on soit heureux. Une partie de ce livre, trop longue, peut-être, décrit comment j’ai appris cela. Une autre, plus importante, s’efforce d’expliquer comment on peut mieux le faire. Le reste, et peut-être la meilleure partie, est une autorisation en bonne et due forme : vous le pouvez, vous le devez et, si vous êtes assez courageux pour vous lancer, vous y arriverez. Ecrire est magique, écrire est l’eau de la vie au même titre que n’importe quel art. L’eau est gratuite. Alors, buvez.
Buvez, buvez à satiété.

Canapé Chesterfield en velours

Pour l’essentiel

Je ne suis pas coutumier du fait, mais pour une fois, je tenais à vous parler, brièvement, des applications que j’utilise sur mon ordinateur personnel. Vous avez dans la capture ci-jointe les incontournables, celles qui sont toujours en éveil, qui ne s’arrêtent jamais, sauf quand je dors — parfois c’est moi qui m’endors avant que s’enclenche le mode veille…

Pour commencer, ne faites pas attention à la première du peloton, celle qui se situe à l’extrême gauche. Bien qu’elle m’est très utile, cette icône n’est pas vraiment une application ; pour ceux qui n’ont jamais utilisé un macintosh, c’est l’explorer de l’ordinateur, sur mac il se nomme Finder. Vous avez ensuite mon navigateur Internet préféré, celui fournit avec la machine, Safari. Il m’arrive parfois d’en changer, mais j’y reviens toujours, c’est presque une addiction, comme mon tabac et sa dose de nicotine. Le côté natif de l’application, sûrement, me direz-vous, vous n’auriez pas tort, possédant un iPhone cela me facilite certaines tâches, mais c’est surtout que je fais une cure de « désengooglisation », donc Chrome est sur la touche. Parfois je songe à réinstaller Chromium, son pendant « libre ». Ensuite les apparences sont trompeuses, un habitué à la plateforme vous direz que c’est Sparrow, un client mail, mais je n’ai fait que piller l’icône de l’application pour remplacer l’icône de l’application par défaut. N’essayez pas de comprendre, je développe des T.O.C.’s en matière d’interface graphique. Après cela, vous avez mon application du moment, c’est un éditeur de texte dans la veine minimaliste — tiens, ça ne vous rappelle pas le précédent billet ? —, iA Writer, comme son nom l’indique, d’Information Architects. Pourquoi cette application plutôt qu’une autre ? Je ne sais pas, à vrai dire… J’ai utilisé un moment Byword, de manière illégale je l’avoue, je voulais tester — me souviens plus s’il existe une démo, d’ailleurs — avant de passer au tiroir-caisse, et finalement je me suis offert iA Writer suite à la lecture d’un interview du patron de la boîte. Je vous jure : comme on peut être influençable sacré nom d’un chien ! Et la dernière application, qui vous paraît à vous, néophytes, l’avant-dernière, est un contrôleur iTunes. Quésako ? Je crois que tout le monde voit ce qu’est iTunes à l’heure actuelle, donc pas besoin de faire le topo, alors disons simplement que l’application me permet d’écouter la musique sans ouvrir iTunes et toute la machinerie qui va avec, pratique n’est-ce pas ? Cela tombe bien, l’application s’appelle Ecoute, et les développeurs — des petits français avec un site en anglais, les salauds ! — viennent également de sortir une version iOS. Je remercie David Bosman (sur son blog) qui vient de me faire découvrir l’application à l’instant. À tribord toute, vous avez la corbeille, vous devinerez bien sans moi.